3 juillet 2008

Comme une épidémie

C'est la nouvelle mode et c'est une bien triste mode... Depuis quelques mois déjà, la population de Londres fait face à une hécatombe d'agressions mortelles à l'arme blanche. Tant et si bien que les journaux ne relatent même plus les blessures, tant elles sont nombreuses (+30% environ de victimes par rapport à l'année précédente).
Ce qui fait la particularité de cette "épidémie" est bien l'usage systématique de couteaux. Dimanche dernier, un jeune homme de 16 ans est tué, Ben est la 17ième victime ado dans la capitale depuis le début de l'année (sur 31 dans tout le pays, uniquement si on comptabilise les jeunes gens). Rebelote le lendemain lundi, c'est au tour de Hamouda, 34 ans, de se faire agresser en début de soirée. Et enfin hier, mardi, Dee, une jeune femme de 28 ans meurt dans les mêmes conditions.
Pourquoi ? Dans les trois cas, impossible de trouver vraiment une raison "valable" ou "classique" qui expliquerait ces morts. Ben fêtait un anniversaire, Hamouda sortait d'un café Internet. Au final, il semblerait que le commun des mortels ai décidé que le meilleur moyen de se sentir en sécurité est paradoxalement de se trimballer partout avec un bon gros couteau à portée de main. Conséquence, cette recrudescence de coups portés à l'arme blanche n'est le fruit spécifiquement ni d'une guerre des gangs, ni de tensions entre communautés quelconques ni de vols à main armée, mais bien le hasard de rixes de rues, de contentieux débiles et de discussions de comptoirs qui tournent mal car des armes ne sont pas bien loin.
Les londoniens ne se leurrent pas, ils savent bien que l'alcool y est souvent pour quelque chose mais cela n'empêche pas de pointer comme un facteur déterminant l'habitude prise de porter un couteau sur soi.
Vous me direz, ça change de la mode de 2005/2006 qui consistait à attaquer en groupe un inconnu dans la rue, de le tabasser à mort et de filmer le tout avec son portable pour mieux pouvoir relater son exploit sur internet !

Au moment où je reprends l'écriture de ce post, j'apprends la nouvelle de deux jeunes français, Laurent et Gabriel, découvert assassinés dans leur appartement, poignardés 196 fois à eux deux. De nouveau au couteau. C'est vrai que ça n'a rien à voir avec les attaques fortuites que j'ai relatée plus haut, mais ça montre un certain niveau de violence atteint à Londres et ça fait mal au cœur pour toutes ces victimes et leurs familles.
Bon, histoire de se redonner un peu de baume au cœur, on se réjouira de la libération des otages des Farc, dont Ingrid Betancourt. Bon retour !

PS : n'allez pas croire que je tente de vous dégoûter de venir nous voir à Londres, bien au contraire ;)
E.(carte 3D du métro londonien par http://www.virtual-london.com/, pour visiter virtuellement Londres de façon amusante)

1 commentaire:

Anonyme a dit…
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