30 avril 2007

Vacances (11) - Aboriginal Rock art

Le kakadu, ce n'est pas que des paysages infinis et des cascades à couper le souffle ! Ce n'est pas que des crocodiles impressionnants et des jabirus capables de percer une coque de tortue d'un coup de leur puissant bec (ou ton crane si tu l'embêtes). Ce n'est pas non plus que le lieu de tournage du film Crocodile Dundee !
Donc le Kakadu, c'est surtout 40.000 ans d'habitation continue par une population culturelle riche et créative mais qui ne laisse que très peu de traces... Les aborigènes du coin (comme partout) ne construisent pas d'abris/de maison, ne cherchent pas spécialement à posséder ou à marquer un territoire précis ou à relater par le biais des peintures un évènement quotidien. En revanche, tout se joue sur l'apprentissage de la loi, la formation spirituelle et culturelle, l'initiation par le biais de cérémonies secrètes et les danses. Au final, seules quelques peintures rupestres peuvent un tout petit peu éclairer le manant, et encore, tu piges que dalle parce que justement, comme tu n'es pas initié, tu n'as pas le droit de connaitre la signification profonde du message.
Les peintures peuvent ainsi aussi bien dater de deux milles ans que de 50, si toutefois un peintre s'est jugé ou à été jugé digne de conter une histoire pour les générations à venir.

Un de nos guides, Ruben, était un métisse abo/blanc et il a eu la gentillesse de nous raconter un peu sa culture, malheureusement on le sentait en même temps terriblement frustré de ne pas pouvoir en dire plus et de ne pas pouvoir partager la richesse de ce qu'on pouvait voir.

On en revient ainsi toujours à la base : il y aurait deux espaces temps, le réel et le dreamtime.
Le premier est objectif, le second est un cycle spirituel infini, beaucoup plus réel en fait que la réalité elle même ! Tout ce qui se passe pendant le temps du rêve (qui n'est pas le sommeil ! rien à voir) établit les valeurs, les symboles et surtout la loi de la société aborigène. Quelques personnes seulement aux capacités spirituelles avancées peuvent etre en contact avec le dreamtime.

Le dreamtime se décrit par la mythique phrase "il était une fois": à l'origine était la création.
Le serpent arc en ciel est à l'origine de la création (rainbow snake). Il était tellement grand qu'il a crée les plaines du kakadu !

Impossible de relater ici toutes les histoires qui sont connues, mais voici des personnages célèbres :

le Nabulwingbulwing est un esprit dangereux qui mange les femmes après les voir frappé avec un igname.
A gauche Barrginj, sa femme et ses enfants, sont venus de la côte nordique pour s'installer à l'interieur des territoires. A ce moment là, Namarrgon, l'homme électricité (à droite), a revêtu son pouvoir électrique en formant avec ses jambes, ses bras et sa tête un cercle autour de lui. Les pierres sur ses genoux et ses coudes sont à l'origine du tonnerre !

des kangourous géants, qui, s'ils sont à l'échelle, sont monstrueux.
Il faut imaginer que toutes ses peintures sont réalisées avec des poudres naturelles d'une couleur et d'une origine très précise (parfois elles viennent de très loin), et qui pénètrent si bien dans la roche que les dessins sont comme incrustés dans la pierre. Toutes sont réalisées à l'abri des vents et des pluies dans des grottes naturelles, parfois à des hauteurs improbables. Ce qui fait penser à certains que ce qui se raconte dans le dreamtime est vrai : les ancêtres aborigènes (ou certains) étaient des géants de trois ou quatre mètres.

Pendant longtemps et maintenant encore, les australiens non-aborigènes ont tendance à ne parler que du "problème aborigène".
Un exemple, il n'y a toujours pas de jour férié pour célébrer la culture aborigène...Bon, pourquoi pas, me direz vous ? Mais quand on sait que le jour de la Melbourne cup, une course de chevaux qui dure cinq minutes, est férié, ça en bouche un coin...
Néanmoins, les choses changent doucement.
Et puis, la culture aborigène est tellement fermée qu'il est difficile pour un non-aborigène d'identifier la culture aborigène à sa propre culture. Le site que nous avons visité s'est ouvert il y a quelques années. C'est une révolution.
C'est un choc des cultures inhabituel :
- d'un côté les blancs ont voulu imposer la culture anglo-saxone aux aborigènes pour assimiler les peuples. Et ils y ont mis toutes leurs forces pour l'imposer...
- de l'autre les aborigènes refusèrent strictement de partager leur culture avec les blancs, au risque même, pendant des années, de laisser croire qu'ils n'en avaient pas !
le site de l'Australian Museum avec des histoires de dreamtime formidablement contées...

2 commentaires:

Mam a dit…

Faut qu'j'arrete de vous lire... sinon j'aurais meme plus besoin d'aller voir du pays, je saurai deja tout sur tout ! Bra
vo pour les belles images, vos textes a la lecture si agerable et pour le contenu tjs passionnant. je vous fais plein de bises les filles...

Anonyme a dit…

coucou les filles,
petite pause régulière pour découvrir le récit de votre incroyable voyage! Passionnant et tellement bien rédigé, ça change et c'est bien! il me manque juste une carte de votre périple parce que je suis loin d'être au point sur la géographie de l'Australie!
Z'êtes trop fortes!
cécile